Angoulême : cathédrale Saint-Pierre

Commune : Angoulême
Date de la prise de vue : 10 avril 2010
Photographe : Stéphane Charbeau
Latitude : 45.6491432
Longitude : 0.1506892

Son emplacement, près des remparts de la ville et d’une ancienne porte de la cité, correspondrait à celui d’un sanctuaire primitif, antérieur à la chrétienté.
Une première cathédrale fut construite au cours du IVe siècle. L’édifice disparut au moment de la prise d’Angoulême par Clovis, lorsque celui-ci chassa les Wisigoths, après la victoire de Vouillé, près de Poitiers, en 507.
La deuxième cathédrale fut consacrée vers 560. Elle fut incendiée, sans doute par les Normands.
La troisième fut l’œuvre de l’évêque Grimoard, également abbé de Brantôme en Périgord, qui utilisa les revenus de l’abbaye pour financer la construction de la cathédrale. Elle fut consacrée en 1017. Elle ne vécut qu’un siècle, ses dimensions étant trop réduites. L’Angoumois, au début du XIIe siècle, comptait parmi les plus riches comtés du duché d’Aquitaine, en raison de la fertilité de son sol et du commerce actif. La cité d’Engolesme (Angoulême) pouvait donc se doter d’une vaste cathédrale.

Sa réalisation est due à Girard II, un des personnages les plus célèbres de son temps. Successivement professeur, évêque et légat de quatre papes, ami des ducs d’Aquitaine, conseiller des comtes d’Angoulême, il se révéla également un artiste de premier plan. Il dirigea les travaux de sa cathédrale. Ceux-ci commencèrent vers 1110 et l’église fut consacrée en 1128.
La cathédrale a cependant été plusieurs fois remaniée au cours des siècles et a ainsi perdu son aspect primitif. Elle fut par exemple amputée d’un clocher durant les guerres de religion, au XVIe siècle.

Sur la façade deux thèmes iconographiques sont développés : l’Ascension et le Jugement Dernier. Le Christ debout apparaît dans une mandorle, tel qu’il se montra le jour de son Ascension. Deux anges de haute taille s’adressent aux Apôtres afin de leur montrer la céleste vision. Tous leurs regards, ainsi que ceux des élus, dispersés sous de grands arcs, se tournent vers le Sauveur dans une attitude confiante. Les réprouvés, au contraire, rejetés sous des arcades latérales, devenus la proie de Satan, subissent leur châtiment. Ainsi le thème de l’Ascension se poursuit par celui du Jugement Dernier.

En plus de ces thèmes, les artistes ont représenté des scènes de la vie terrestre, avec ses luttes et ses souffrances : épisodes ayant trait à des chasses et à des activités variées.

D’importantes restaurations faites de 1866 à 1885, par l’architecte français Paul Abadie, ont sensiblement modifié l’intérieur et l’extérieur de l’édifice. Sur la façade, un pignon et deux clochetons ont été ajoutés par esprit de symétrie, ce qui lui enlève son aspect médiéval.

À l’intérieur, la cathédrale est couverte de coupoles sur pendentifs. Jadis éclairé par deux tours-lanternes, le transept n’a gardé que celle située au nord (clocher en grande partie remonté par Abadie, qui remplaça la majeure partie des chapiteaux romans par des œuvres modernes ; les sculptures du XIIe siècle furent utilisées pour des travaux de voirie. Le chœur, semi-circulaire, autour duquel rayonnent quatre absidioles, est couvert d’un berceau et d’un cul-de-four.

Sources

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